• Anna Marly oubliée et pourtant !

    Anna Marly l'oubliée et pourtant  !

     

    Aussi loin que la mémoire remonte, j'ai toujours aimé ce chant, d'ailleurs les paroles et la musique y sont ancrées, ce n'est pas une chanson gaie mais elle est remplie de réalisme et de patriotisme ! 

    Cet article peut-être pas complet sur la biographie de Anna Marly m'a été suggéré par un ami que je remercie car c'est un fait qu'elle fut oubliée ...

    Car que faisait-elle en Alaska cette grande dame ?

    L'histoire ne nous le dit pas et pourtant Anna Marly est décédée le 15 février 2006 à Palmer  en Alaska.

    Elle avait fait le choix d’y résider…c'est tout !

    On dit qu’elle continuait d’y composer des chansons, des fables, des poèmes.

     

     

     

    Anna Marly oubliée et pourtant  !

     

    Anna Betoulinsky, née le 30 octobre 1917 à Saint-Pétersbourg, grecque par sa mère, russe par son père aristocrate, exilée toute jeune en France (Menton, sud-est), puis danseuse aux Ballets russes à Paris avant de devenir la chanteuse Anna Marly, pseudonyme choisi au hasard dans l’annuaire téléphonique qui se produit dès 1935 au Shéhérazade, le cabaret parisien de la jeunesse dorée

     

    La grande Histoire l’a mis dans ses pages car c’est elle qui composa "  Le Chant des Partisans " hymne de ralliement de la Résistance contre les nazis.

     Vidéo ci-dessous

     

     

     

     

    En 1940, la guerre, l’exode, la jeta sur les routes, l'Espagne, le Portugal, Londres enfin, d’où s’organisait la résistance.

    Elle y chanta avec sa guitare, au théâtre des Armées et à la BBC.

    Un soir, raconte dans le quotidien français  Annick Peigne-Giuly, une journaliste qui connaît son sujet sur le bout des doigts y apprenant que Smolensk, ville de l’URSS européenne, est pilonnée par les nazis, le mot partisans (partisanski) lui traverse l'esprit.

     

    Anna Marly l'oubliée et pourtant  !

     

    D'un jet le rythme vient, un poème mélancolique qu'elle chante en russe, s'accompagnant du seul bruit de ses doigts frappant les cordes.

    C'est la Marche des partisans (en russe) destinée aux partisans soviétiques, qui deviendra Guerilla Song pour la BBC, puis le Chant des partisans pour les Français.

    La dernière grande apparition publique d’Anna Marly date de 2000.

    Elle avait chanté à Paris, avec le Chœur de l'Armée française, son  Chant des Partisans  le jour du 60ème anniversaire de l'Appel de Londres du 18 Juin 1940 du général de Gaulle.

    Elle a écrit une autobiographie " Anna Marly, troubadour de la Résistance " .

    Elle composa 300 chansons dont  Une chanson à trois temps  pour Edith Piaf.

    Elle fit partie de ces artistes qui, face à l’ennemie nazi, choisirent l’exil et l’engagement personnel, alors que d’autres, du monde de la chanson ou du cinéma, composèrent avec l'occupant, en n’hésitant pas à participer à des réceptions de propagande à Paris ou en acceptant même de se déplacer en Allemagne.

    Au tout début, la composition d’Anna Marly, diffusée deux fois par jour n’est que sifflée sur les ondes courtes de Radio-Londres destinée aux Résistants et qu’héberge la BBC.

    Elle devient vite un signe de reconnaissance dans les maquis.

    Son rythme lent, lancinant lui donna une puissance hors du commun.

    A la fin de la guerre, Le Chant des Partisans devint un succès mondial et  la troubadour de la Résistance  le chanta dans le monde entier, notamment en Amérique du sud, car en 1947 elle avait choisi de débarquer au Brésil.

    En 1954, l'hymne de la Résistance française pendant l'Occupation fut aussi un chant que les soldats du Viet-minh entonneront face à l'armée française à Dien Bien Phu.

    La Complainte du partisan, composée par elle aussi dans la même période, avec des paroles d'Emmanuel d'Astier de la Vigerie, un haut dirigeant de la Résistance, sera interprétée dans les années 60 par Joan Baez et Léonard Cohen.

     

    En effet, pour le grand public français, et jusqu’à aujourd’hui, Le Chant des Partisans est associé aux deux auteurs des paroles françaises, l’écrivain Joseph Kessel (1898-1979, alors déjà auteur de L’Equipage, Belle de Jour, Fortune carrée et La Passante du Sans-Souci) et son neveu  Maurice Druon (1918), également exilés en Angleterre, qui le 30 mai 1943 après avoir entendu la chanson d’Anna Marly rédigèrent, en quelques heures, dit la légende, des paroles en français.

    De la version originale en russe, il ne restait que la musique, heureusement, et le mot  corbeau …

    De l’autre côté de la Manche, les maquisards qui écoutaient la radio de Londres découvrent le Chant des Partisans, alors chanté par une Française, également résistante en armes, Germaine Sablon.

    Yves Montand l'interprète avec son immense talent.

    Vient de naître  la Marseillaise de l’armée des ombres, comme l’a appelée Joseph Kessel. 

    La jeune femme était brune, grande, solide, éclatante de vitalité, d'amitié.

    Sa guitare avait pris l'allant, l'exaltation de celle qui en jouait, écrira l’écrivain quand il la connut en 1943.

    Mais Le Chant des Partisans allait échapper à son auteur Anna Marly. 

    Confisqué par l'Histoire, il le sera aussi par les deux adaptateurs français, a écrit A. Peigne-Giuly.

    Que pouvait faire la frêle Anna Marly face à ces deux imposantes personnalités ?

    S’éclipser et choisir une vie proche de l’anonymat.

    Maurice Druon tint à affirmer que  nous n'avons jamais eu connaissance de paroles qu'elle aurait écrites  en russe du Chant des Partisans et qu’il fut le seul co-auteur des paroles.

    Le nom d'Anna Marly se perdit dans l’indifférence.

    Ce n’est que l’annonce de sa mort qui l’a sortie un instant de l’oubli...

    Dans son livre de mémoires elle avait écrit :

    _ " On nous oubliera/Nous rentrerons dans l'ombre " .

    Mais c’est en pleine lumière qu’elle rejoint dans la légende des chants révolutionnaires, les Rouget de Lisle avec sa Marseillaise et les ouvriers Eugène Pottier et Pierre Degeyter pour l’Internationale.

     

     

    Anna Marly l'oubliée et pourtant  !

     

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  • Commentaires

    1
    Yves TRICOTET
    Dimanche 10 Avril 2016 à 12:49

    Vous dire mon émotion...

    Il n'est point de mots...

    Apprise à l'âge de neuf ans, par notre Maître à Chanter, François TERRAL (que Dieu ait son âme)...

    Tout ceci se bouscule, car François était communiste, mais le taisait...

    Il était d'abord notre Maître...de musique, de chant...

    Je dirais de sensibilité artistique...

    C'est lui qui allait faire pousser la petite graine de la culture musicale, qui s'inspirera de celle de l'histoire, bien nommée...y afférant...

    Comment ne pas penser un instant à Jean MOULIN...

    Comment, lorsque l'on est en 1959, ne pas oublier ce qui fut une erreur...historique...L'action des communistes en ces années noires... Sans eux, il n'y aurait pas eu de "réaction"...

    Que mon mot ne soit pas pris pour ce qu'il n'est pas...

    Juste une envie de replacer les choses en l'état...de guerre...

    Merci de m'avoir lu...

    Merci de n'être point d'accord avec moi...

    Le partage est à ce prix...Le risque...

    Amitiés sincères...

    Yves.

      • Dimanche 10 Avril 2016 à 18:45

        Chaque personne a le droit de s'exprimer dans la convivialité et respect, ce dont vous faites, merci infiniment, amitiés ...

    2
    Andy
    Dimanche 10 Avril 2016 à 18:58

    Je suis très ému par ce récit, de surcroit très complet.

    Étant issu d'une famille de résistants de maquisards, de militaires, je ne peux qu"être de l'avis d'Yves Tricotet

    Merci Marie pour ce bel article, nous n'oublions pas

    Je t'embrasse

    Anna Marly

     

    3
    Dimanche 10 Avril 2016 à 19:10

    Bonsoir chère Mary

    Je suis un peu fatigué ce soir , je survole les blogs .

    Mais , tu sais que je reviendrais demain lire cet article .

    Belle et douce soirée 

    De gros bisous

    4
    Mardi 12 Avril 2016 à 10:13

    que de souvenirs conté jadis par ma mère..!!

    merci MARY !!!

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