• Femme avec désert.

     

     

     

     

    Femme avec désert.

     

     

     

    Ces soirées où je lisais couchée souvent vers vingt et une heures étaient un vrai plaisir  me sentant bien à l'abri, nichée dans mon lit, je les ai abandonnées depuis un certain temps .

    Un temps passé sur l'ordinateur à écrire, lire des infos, trier des photos etc...

    Pas un temps inutile mais je lis moins souvent un bon bouquin, alors j'ai recommencé cette semaine et je me suis replongée dans un livre de Christian Bobin.

     

    Femme avec désert.

     

    -La part manquante-

    Livre très intéressant du fait qu'il se compose de textes, donc facile à lire dans le sens où on veut.

    Car j'avoue que j'ai une manie de regarder parfois la fin de la lecture d'un livre, eh oui chacun ses défauts.

    Donc ce texte m'a plu que je vous offre en lecture si vous avez envie de lire bien sûr.

     

     

     

     

    Femme avec désert.

     

     

    Femme avec désert.

     

     

    Femme avec Désert

     

    Dans le parc du musée Rodin, il y a un couple assis sur un banc, au bord d'une pièce d'eau.

    Lumière éternelle du petit matin.

    Fraîcheur de l'entretien sans phrase, ininterrompu depuis déjà trois ans.

    Elle porte une robe plissée avec sur ses genoux, un sac de grand magasin.

    Il porte, depuis le début du jour, une nouvelle trop grande pour lui, dont il ne sait comment se délivrer.

    Cette nouvelle se confond avec sa solitude.

    Cette solitude rajeunie, puissante, se confond avec un nouvel amour qui l'a soumis par le regard, puis la pensée, à l'attraction d'une autre présence !

     _ Blonde quand sa voisine est brune, vive comme cerisier au printemps, quand sa voisine a les nuances d'un été finissant.

    Comment lui dire qu'un astre est apparu, dont le nom, peu usé encore par les lèvres, sonne plus fort et plus prometteur que le sien ?

    Il se penche sur le gravier, ramasse des cailloux, les jette dans le bassin.

    Il se penche en lui, une poignée de mots, jetés dans l'eau sereine des yeux de sa voisine.

    Elle considère avec attention un point désert du parc, au-delà du bassin.

    Immobile, elle demande deux, trois choses, plus jamais.

    Dès demain ?

    Dès demain.

    Silence.

    Silence avec chute de lumière.

    Nous existons si peu, c'est miracle que cette larme dans les yeux, ce nom qu'elle écrit sur la joue, ce nom qu'elle efface.

    Le chemin salé d'une larme sur la joue, dans le temps.

     

    Nous existons si peu.

     

    Lorsque nous disons " moi " nous ne disons rien encore, un simple bruit, l'espérance d'une chose à venir.

    Nous n'existons qu'en dehors de nous,  dans l'écho de si loin venu, et voici que l'écho se perd et qu'il ne revient plus.

    L'homme se lève, sur une autre route, déjà.

    Elle ne bouge pas.

    Le soir vient par habitude.

    La nuit se perd dans toutes les nuits du monde.

    Un nouveau jour arrive, qu'il faut longtemps envisager, au réveil, pour voir ce qu'il y a de nouveau.

    Il y a une nouvelle statue de Rodin dans le parc.

    C'est une femme avec une robe plissée, elle est assise sur un banc.

     

    Arioul---Femme-assise-dans-le-parc-de-la-fondation-Giannada.jpg

     

     

    Je trouve triste cette histoire d'amour fini, dans le déclin...!

    Grande humilité et chagrin en cette femme, désinvolture et peut-être désamour légitime chez cet homme.

    Mais histoire subtilement décrite dans ce texte par Christian Bobin.gif-fleurs-qzPNCmrQra

     

     

     
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  • Commentaires

    3
    Dimanche 11 Décembre 2016 à 20:29

    Bonsoir chère Marie

    Je suis un peu fatigué ce soir , je reviendrais sur ton billet demain mon amie .

    Je préfère dire que je ne lis pas plutôt que de bâcler mon commentaire .

    Je te souhaite une bonne soirée.

    Gros bisous

    2
    Dimanche 11 Décembre 2016 à 11:21

    Je me suis apercue aussi que je lisais beaucoup moins, il faudrait que je m'y remette. J'aime bien ces statues, bon dimanche.

    1
    Dimanche 11 Décembre 2016 à 06:22

    Merci infiniment de ce partage, je me suis régalée moi qui ne lit plus non plus beaucoup mais à cause de mes yeux.

    Bon dimanche

    bisou

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