• La liste...

    La liste...

     

    Certainement que vous connaissez la chanson Cadeau par Marie Laforet qui sur une liste énumère un peu de choses  subies, pour un enfant, se faisant rémunérer des menus services...

    Un jour il m'est arrivé de prendre un crayon et d'aligner les tâches exécutées le long d'une journée dans les années soixante et des poussières.

    Suite à une réflexion d'un de mes enfants adolescent lors de ce récapitulatif qui souriant m'avait simplement dit :

    _ " Maman toi tu ne travailles plus à l'atelier, et avant d'être  sept à la maison tu ne t'ennuyais pas...? "

     _ " Attends  et écoute mon petit gaillard avant d'avoir le confort de maintenant ( année 1988 à peu près ) tu sais je ne prenais pas le temps de voir passer ce temps, puis comme il est l'heure de l'école va vite et je vais t'écrire le résumé d'une journée que tu pourras lire ce soir, d'accord, allez bisous. "

    A peine fut-il parti, j'ai pris une grande feuille me suis assise et réfléchissant je ne pouvais imaginer au fur et à mesure que ma main écrivait que j'avais vécu ces moments ! "

    Dans les années 1962 à 1967 nous vivions à cinq dans trois pièces dont une seule en bas servant de cuisine et salle à manger, bref la pièce à vivre arrangée d'une façon pratique avec même un paravent cachant la porte d'entrée donnant directement sur la rue où les passants pouvaient voir sinon à l'intérieur.

    Nous étions cinq,  mon mari, trois enfants eus sur trente six mois et moi la blogueuse.

    Je vous assure que c'est plus difficile de tenir une petite maison en ordre qu'une maison très spacieuse, car chaque chose doit être minutieusement rangée, et comme nous avions la cuisinière à charbon le chiffon à épousseter était souvent de service, ainsi que la wassingue pour laver le sol carrelé.

     _ Cinq heures du matin levée la première afin de faire ma toilette dans la pièce du bas avant de donner le biberon à la petite dernière, pendant que le café passe dans la cafetière à main,  ensuite en boire avec  le mari avant son départ à l'atelier, puis dépendre le linge mis à sécher la nuit pour ne pas encombrer et faire moche dans la journée.

    Réveil des deux autres enfants, petit déjeuner, toilette des trois enfants, il est huit heures trente, départ pour faire quelques courses, le bébé dans le landau, le petit garçon et la petite fille de chaque côté tenant l'anse de cette voiture d'enfant.

    Retour pour préparer le repas du midi en activant la cuisinière.

    Arrivée du mari pour manger, juste quand les petits font la sieste  pendant une heure à une heure trente.

    Vaisselle sitôt le repas fini, je me dépêche de repasser un peu de linge, et de souffler cinq minutes pour boire le café.

    Les enfants levés,  les faire prendre leur goûter et je pars les promener au parc ou dans la rue jusque chez ma maman ravie de nous voir.

    Puis vers seize heures reprendre la route, traverser la ville pour recommencer le repas et occupation de quelques jeux avec les petits avant  la toilette, le souper, et  de les coucher vers dix neuf heures trente.

     Sauf le bébé  à qui le biberon doit être encore donné vers les vingt et une heures.

    Le haut de cette maison avait deux petites pièces aménagées en chambres d'une façon coquette afin de rendre moins visible la petitesse, mais il faut de l'imagination, une patience et savoir arranger avec peu de moyens je l'avoue, c'est un fait.

    Ah le soir arrivant, le calme régnait !

    Non pas de télévision, je rangeais et lavais le sol, préparais les habits du lendemain et  mon passe-temps était le tricot faisant l'habillement des miens de la layette jusqu'aux pulls etc...

    Mais ce passe-temps venait après que j'avais fini la lessive à la main du linge ayant bouilli dans une grande lessiveuse, et que j'étendais pour qu'il sèche la nuit.

    La nuit qui commençait pour moi souvent vers minuit heure où je tombais de sommeil après une journée bien remplie.

    Non je n'étais pas Cosette, mais une femme parmi d'autres identiques ayant une famille à gérer et aimer.

    Je ne savais pas que plus tard d'autres enfants viendraient agrandir celle-ci, et que d'autres péripéties multiples m'attendaient...sans regrets.

    Sur cette grande feuille où les mots couraient j'ai passé des détails pour ne pas attrister, puis je ne l'ai pas donnée à lire à mon gamin, car ce n'était pas mon rôle de maman que j'aurais accompli là mais plutôt celui de femme malheureuse aurait-il pensé, ce qui ne l'était pas, car c'était la vie de ces années soixante et plus, où ce n'était facile pour beaucoup de familles.

     

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    « Où est passée ma bohème...Tu verras tu seras bien. »
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  • Commentaires

    9
    Dimanche 10 Septembre à 17:47

    et on s'étonne de voire les "anciens" fatigués !!

    certes, il y avait moins de stress... mais la vie à la maison était bien plus pénible !!!

    je me souviens, à la maison, quand je n'avais pas encore 10 ans....pas d'électricité, pas d'eau courante à la maison...

    pas de salle de bain, pas de wc non plus...

    système "D" comme on dirait maintenant ..

    merci pour ces souvenir, Marie !

    bises sincères  !

    8
    Dimanche 10 Septembre à 16:04

    Et oui c'était ça notre vie, pas de machine à laver et des couches à laver à la main et à faire bouillir, pas de télé, pas de chauffage dans les chambres. On voyait des fleurs de gel sur les carreaux même à l'intérieur.

    Un fer à repasser dont il ne fallait pas oublier de régler le thermostat sinon gare aux brulures etc..

    Je ne regrette pas mais est-ce-que les jeunes de maintenant peuvent comprendre? J'en doute.

    Bises

    7
    Samedi 9 Septembre à 13:35

    La vie d'autrefois n'était pas toujours rose pour la maman, nous les enfants on nous trouvait toujours quelque chose à faire et nous n'étions pas malheureux pour autant même si l'argent parfois manquait....

    Bonne journée, bisous

    6
    Samedi 9 Septembre à 08:35

    J'aime beaucoup cette chanson !

    On sait tellement que les enfants sont égoistes jusqu'à ce que eux vivent leur vie et comprennent, enfin... certains !

    Dans les années 60 j'avais 4 ans (née en 56) et je me souviens de maman qui astiquait, repassait, faisait les courses et se faisait si belle. Nous avions également un poele à charbon et ma sœur ainée allait à la cave chercher le charbon et nous riions de voir son bout de nez tout noirci.

    Puis la maladie de maman et le calvaire jusqu'à ce que je parte de la maison et jusqu'à son décès en fait.

    J'ai arrêté de travailler très tôt, au bout de 4 enfants, je n'en pouvais plus !

    J'ai aimé ces années à tout faire et surtout sans jamais me plaindre car c'était ainsi et pas autrement. Les enfants avaient besoin d'amour, de soins, de nourriture et de propreté. Je me souviens lorsqu'ils étaient petits... Oh tu sais quoi ? Une nouvelle fois tu m'inspires pour faire un article. Tu auras la suite dans les prochains jours sur mon blog.

    Tu es adorable Mary et je me doute que ta vie n'a pas été facile mais tu es une femme admirable, je ne sais pas pourquoi, je le sens !

    Bisou

    5
    Samedi 9 Septembre à 07:30

    Bonjour  Marie

    Une époque bien difficile , tu as bien fait de dire tout cela à ton fils ( les enfants ne ce rendent pas toujours compte du travail accomplis par les mamans).

    Les temps sont bien sûr moins difficile et c'est tant mieux wink2 , mais , les journées sont tout de même bien chargées parfois .

    Je te souhaite un très bon week-end.

    Gros bisous

    4
    Samedi 9 Septembre à 06:29

    Je me souviens parfaitement de cette époque, maman travaillait à l'usine, 48 heures par semaine en 2/8, elle alternait l'équipe avec mon père, et nous étions 4 gamins dans la maison, bien sur que nous aidions, mais les tâches que nous réalisions étaient bien dérisoire par rapport au travail qu'abattait notre mère, je l'ai souvent accompagné au lavoir.

    Aujourd'hui maman a 86 ans, elle perd on peu la tête, mais avec mes frères nous faisons tout pour la maintenir à la maison, nous tenons à ce qu'elle finisse sa vie heureuse, elle l'a bien mérité

    Amicalement

    Claude

    3
    Vendredi 8 Septembre à 23:51

       Vois tu je crois perso que nous n'étions pas malheureuse.Je le regrette presque!

    Bisous

    2
    Vendredi 8 Septembre à 21:56

    ah oui Mary la liste est longue ... ...  !! mais bon ! nous on le fait à deux !! et superbe chanson de J - Ferrat par sa chouchoute  Isabelle Aubret ... bisous bon weekend  A+

    1
    Vendredi 8 Septembre à 21:52

    Bonsoir Marie,

    oh oui je connais cette belle chanson et dans la vie , ce n'est pas toujours rose, moi je travaillais mais un jour Jessica qui devait avoir +-4 ans m'a dit : on est toujours avec nènène, tu n'es jamais là ! alors on a en a discuté JM et moi et on a décidé qu'on se priverait de confort mais que j'élèverais nos enfants alors je n'en avais que 2 et oui de ce fait je n'ai pas de retraite, nous vivons à deux sur la maigre  retraite de JM mais quel bonheur de profiter de ses enfants et de faire le ménage, le travail de bureau ne m'a jamais manqué .

    Il  est vrai que parfois je me dis qu'on aurait pu profiter de ceci ou de cela mais c'est notre vie et voilà.

    Passe une bonne soirée et un bon week-end, gros bisous,

    Nadine

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